Ji An (? ~ 112 av. J.-C.)
Érudit taoïste de la dynastie des Han occidentaux, Changru, de son nom de courtoisie, était originaire de Puyang (aujourd'hui au sud-ouest de Puyang, dans la province du Henan). Sous le règne de l'empereur Jing, il fut chargé du lavage des chevaux du prince héritier. Sous l'empereur Wu, il occupa diverses fonctions, notamment celles de magistrat de Xingyang, de grand maître de la Cour centrale, de gouverneur de la préfecture de Donghai et de commandant du bureau du marquis principal. Il fut classé parmi les Neuf Ministres et nommé par la suite gouverneur de la préfecture de Huaiyang.
Tout au long de sa vie, Ji An étudia et défendit les idées de Huang-Lao (l'Empereur Jaune et Laozi), et mit en œuvre la philosophie de Huang-Lao dans sa pratique politique. « Dans la gestion des fonctionnaires et du peuple, il privilégiait la tranquillité et la simplicité, choisissant des assistants et des délégués compétents à qui confier des tâches. Dans son gouvernement, il se concentrait sur les principes généraux plutôt que sur les détails insignifiants », et « son approche administrative privilégiait la non-intervention (wuwei), défendant de grands principes sans être contraint par des règles et des règlements rigides » (Mémoires du Grand Historien : Biographies de Ji et Zheng). En tant que gouverneur de la préfecture de Donghai, son attachement à la politique de tranquillité et de non-intervention a permis d'obtenir des résultats remarquables en matière de gouvernance.

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Sur les questions majeures, il osait protester franchement en s'appuyant sur la raison. Par exemple, il s'opposa aux guerres contre les Xiongnu et critiqua Zhang Tang, ministre favori de l'empereur Wu, le qualifiant de flagorneur (ibid.). Cependant, se servant de la « tranquillité et de la non-action » et du « défaut de s'attarder sur les détails » comme prétextes, il adopta une attitude d'évitement et de minimisation des contradictions concernant les questions de subsistance nationale, reflétant ainsi la passivité de la pensée de Huang-Lao à cette époque. Par exemple, lorsqu'il fut envoyé par l'empereur Wu pour résoudre un violent conflit interclanique à Dongyue (actuel Zhejiang), il rebroussa chemin sans atteindre les lieux, déclarant : « Les querelles entre les Yue sont inhérentes à leurs coutumes et ne justifient pas de déranger l'envoyé de l'empereur », rejetant ainsi l'agitation comme insignifiante et ne nécessitant aucune intervention. Plus tard, lorsqu'il fut envoyé pour gérer un important incendie à Henei (aujourd'hui au sud-ouest du comté de Wuzhi, dans le Henan) qui détruisit plus d'un millier de maisons, il le qualifia d'incident mineur et rapporta : « Un incendie accidentel dans une maison s'est propagé aux maisons voisines en raison de leur proximité ; il n'y a pas lieu de s'inquiéter » (ibid.). Ce faisant, il transforma le principe de tranquillité et de non-intervention du Huang Lao en une négligence bureaucratique qui ignora la vie et les souffrances du peuple.
Sa biographie se trouve dans le volume 120 des Mémoires du Grand Historien (Shiji) et dans le volume 50 du Livre des Han (Hanshu).