Sima Tan (?-110 av. J.-C.) était un historien et philosophe taoïste de la dynastie des Han occidentaux, et le père de Sima Qian. Il était originaire du comté de Xiayang, Zuo Fengyi (aujourd'hui Hancheng, Shaanxi).
Dans sa jeunesse, il étudia auprès de Tang Du, astronome spécialisé en astrologie ; de Yang He, expert du *Livre des Mutations* (*Yi Jing*) ; et de Huangzi, érudit en philosophie Huang-Lao (une forme de taoïsme). Il acquit une vaste érudition et un savoir profond. Au début du règne de l'empereur Wu des Han, il occupa la fonction de Taishiling (Grand Historien), supervisant les phénomènes célestes et les systèmes calendaires, les cérémonies rituelles, ainsi que la collecte et la préservation des documents anciens : « En l'espace de cent ans, tous les documents historiques perdus et tous les événements antiques sous le ciel furent rassemblés par le Grand Historien » (*Mémoires du Grand Historien : Autobiographie du Grand Historien*).
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Sima Tan vénérait la philosophie Huang-Lao, répandue au début de la dynastie Han, et faisait l'éloge de la pensée taoïste. Il soutenait que le taoïsme avait assimilé les forces des autres écoles philosophiques pré-Qin tout en évitant leurs faiblesses, ce qui lui permettait d'appréhender et de répondre adéquatement à toutes choses. Il affirmait : « Le taoïsme concentre l'esprit, aligne les actions sur l'informe et nourrit toute chose. Sa méthodologie suit les grands principes du Yin et du Yang, adopte les vertus du confucianisme et du mohisme, extrait l'essentiel des logiciens et des légistes, s'adapte à son époque, répond aux changements et convient à l'établissement des coutumes et à la gestion des affaires. Ses préceptes sont concis et faciles à mettre en pratique, permettant d'obtenir de grands résultats avec peu d'efforts » (ibid.).
S’appuyant sur le concept taoïste de non-action naturelle (*wuwei*), il a proposé des principes pour interagir avec le monde :
1. Plaidoyer pour le suivi de la nature, c’est-à-dire « prendre le vide comme fondement et l’adaptation comme application » (ibid.).
2. Opposition aux préjugés subjectifs et aux schémas fixes, soulignant « aucune tendance fixe, aucune forme constante, permettant ainsi de saisir la véritable nature de toutes choses » (ibid.).
3. Reprenant l'idée de Laozi selon laquelle « se mettre en dernier conduit à la prééminence ; considérer le corps comme extérieur conduit à la préservation », il préconisait d'atteindre la justesse par l'inversion : « On ne peut devenir maître de toutes choses ni en menant ni en suivant les choses » (ibid.).
4. Plaidoyer pour l'adaptation à l'époque, le respect des lois et des règlements sans les suivre à la lettre : « Avoir des lois et pourtant être sans loi, agir selon l'air du temps ; avoir des normes et pourtant être sans norme, s'adapter aux choses telles qu'elles sont. C'est pourquoi il est dit : Le sage est impérissable, car il s'adapte aux changements du temps » (ibid.).
Il a résumé tous ces principes en deux notions : la vacuité (xu) et l'adaptation (yin), affirmant que « la vacuité est la constante du Dao ; l'adaptation est le principe directeur des gouvernants » (ibid.). Concernant la relation entre la forme (corps) et l'esprit (shen), il a particulièrement insisté sur le rôle de l'esprit, le considérant comme le fondement de la vie. Il a déclaré : « Chez l'être humain, la vie est soutenue par l'esprit et réside dans le corps. L'usage excessif de l'esprit l'épuise ; le labeur excessif du corps l'use ; la séparation de l'esprit et du corps conduit à la mort. Les morts ne peuvent être ressuscités, ni les êtres séparés réunis. C'est pourquoi les sages accordent une grande valeur à cette relation. De ce point de vue, l'esprit est la racine de la vie et le corps son réceptacle » (ibid.). Ses actes et les *Essentiels des Six Écoles* se trouvent dans le volume 130 des *Mémoires du Grand Historien*.
