Le Xu Daoming 徐道明 – Martyr taoïste de la transition Song-Yuan
Paul PengPartager
Xu Daoming 徐道明 (? – 1275) était un natif de Wuxi et l'abbé du temple Tianqing (天清观) à Changzhou à la fin de la dynastie Song du Sud. Né dans une famille confucéenne, il entra jeune dans la vie monastique, s'éleva pour diriger l'un des temples taoïstes les plus respectés de la région, et se vit décerner la robe pourpre bordée d'or — la plus haute distinction pour le clergé taoïste. Lorsque les troupes de la dynastie Yuan marchèrent vers le sud en 1275, il fit un vœu : il vivrait et mourrait avec son temple. Il le tint. Sa mort fut enregistrée dans le Song Shi (宋史) sous la rubrique "Biographies des personnes loyales et justes" — un honneur rare pour un prêtre taoïste, et un témoignage de la manière dont ses contemporains comprirent son acte.
Xu Daoming venait d'une famille avec une tradition érudite confucéenne — un arrière-plan qui a façonné sa formation intellectuelle même s'il a choisi une voie différente. Il entra au temple Tianqing à Changzhou jeune homme et se consacra à la cultivation taoïste avec une gravité manifeste. Lorsqu'il atteignit l'âge adulte, il avait accompli suffisamment de réalisations pour être reconnu par ses pairs prêtres taoïstes comme leur chef, servant d'abbé du temple.
La première année de l'ère Deyou (1275) fut l'une des plus catastrophiques de l'histoire chinoise. L'armée Yuan, menée par les Mongols, ayant déjà conquis le nord de la Chine, lança sa dernière campagne contre les Song du Sud. Préfecture après préfecture tombèrent. Yao Yin, le magistrat de Changzhou, choisit de mourir en défendant la ville plutôt que de se rendre — et il ne fut pas le seul à faire ce choix.
L'expression « vivre et mourir avec le temple » (与寺存亡) n'était pas seulement rhétorique. Dans la compréhension taoïste, un temple n'était pas simplement un bâtiment — c'était un espace consacré, un nœud dans le réseau de sites sacrés qui reliait le monde humain à l'ordre céleste. L'abbé d'un temple était son gardien, responsable non seulement de son entretien physique mais aussi de la continuité de la vie rituelle qu'il abritait.
Abandonner le temple sous la pression militaire aurait été, dans cette optique, une forme de trahison — non pas seulement d'une institution, mais de la tradition elle-même. Le refus de Xu Daoming de fuir n'était donc pas simplement un acte de courage personnel. C'était un acte de fidélité à tout ce à quoi sa vie de prêtre taoïste l'avait engagé.
L'inclusion de la biographie de Xu Daoming dans le Song Shi (宋史) sous la rubrique "Biographies des personnes loyales et justes" (忠义传) est historiquement significative. Le Song Shi fut compilé par la dynastie Yuan — le pouvoir même dont les troupes l'avaient tué — et ses rédacteurs choisirent de l'inclure parmi ceux qui étaient morts fidèlement en défense des Song. Ce n'était pas un geste de sympathie envers la dynastie vaincue. C'était une reconnaissance que certaines formes de fidélité transcendaient l'allégeance politique et méritaient d'être enregistrées, quelle que soit la partie qui avait gagné.
Pour un prêtre taoïste, être inclus dans une section consacrée aux personnes loyales et justes — une catégorie dominée par les fonctionnaires, les généraux et les érudits — était inhabituel. Cela reflétait le jugement des rédacteurs selon lequel ce que Xu Daoming avait fait n'était pas seulement religieux mais civique : un acte de loyauté envers une communauté et un lieu qui méritait la même reconnaissance que la mort d'un soldat au combat.
L'histoire de Xu Daoming est brève et sa fin est définitive. Il n'a laissé ni texte, ni lignée, ni héritage institutionnel. Ce qu'il a laissé, c'est un acte unique — un vœu fait et tenu dans les pires circonstances possibles — et le récit de cet acte dans l'une des histoires officielles de la Chine. Dans une tradition qui valorise la cultivation intérieure et l'atteinte progressive, son histoire est un rappel que la voie taoïste a aussi de la place pour le moment décisif : le point où tout ce qu'une personne a cultivé s'exprime dans un choix unique et irréversible.
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Paul Peng
Paul Peng is a Zhengyi Taoist priest from Longhu Mountain, Jiangxi — the ancestral home of the Celestial Masters' tradition. Ordained at 25 after a dream from the Celestial Master, he has practiced for 25 years under Master Zeng Guangliang. He is one of the curators of this store, which is officially authorized by Tianshi Fu. All items are consecrated at the temple by the resident priest team.
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